Compte rendu des pourparlers commerciaux de la Chine avec les États-Unis
Rédigé par l’équipe de gestion du contenu | Publié le 20 mars 2019
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Un accord commercial entre les États-Unis et la Chine pourrait poindre à l’horizon. Néanmoins, les tensions qui subsistent entre les deux puissances mondiales pourraient avoir des répercussions sur l’économie du Canada et du monde entier.
« Les négociateurs semblent avoir réalisé des progrès importants, souligne Eric Lascelles, économiste en chef, RBC Gestion mondiale d’actifs, mais des frictions relatives à des sujets autres que les droits de douane pourraient persister pendant encore un certain temps. »
Dans un récent bulletin MacroMémo, Eric Lascelles s’est penché sur la situation sous quatre angles différents pour faire le point sur les enjeux commerciaux en cause, la vigueur relative de l’économie chinoise et les répercussions de ces deux facteurs sur les perspectives économiques mondiales.
Les récents pourparlers sont prometteurs, et une entente devrait être conclue en avril ou au début de l’été, selon bon nombre d’observateurs.
Selon certaines sources, celle-ci portera essentiellement sur des solutions bien connues au déficit, comme le soya, le gaz naturel et les droits sur les automobiles. Cela dit, plus récemment, certains enjeux sous-jacents ont également été abordés, souligne Eric Lascelles.
Et quels sont ces enjeux?
Si des signes encourageants se manifestent, il reste que la situation repose sur un équilibre précaire, comme le rappelle Eric Lascelles. Il précise qu’à court terme, les deux pays pourraient poursuivre les représailles réciproques, notamment en ciblant des entreprises individuelles.
« Les différends, par exemple sur le rôle des sociétés d’État chinoises, risquent de se poursuivre à long terme, affirme-t-il. Une baisse possible des droits de douane entre les États-Unis et la Chine pourrait être compensée, plus tard, par une augmentation des droits sur les importations d’automobiles d’autres pays. »
Le Canada, bien entendu, n’est pas immunisé contre les tensions avec la Chine, son deuxième partenaire commercial après les États-Unis. La Chine a récemment imposé un embargo sur certaines importations de canola canadien, disant craindre une infestation d’insectes. Selon le Conseil canadien du canola, environ 40 % du canola canadien est exporté vers la Chine.
La Chine a recours à diverses mesures de relance monétaires et budgétaires pour tenter de stabiliser la croissance. Les effets de cette stratégie peuvent être difficiles à évaluer. « Celles des mesures budgétaires sont particulièrement difficiles à quantifier », précise Eric Lascelles. Cette difficulté découle du peu de renseignements diffusés à leur propos, et aussi du fait qu’elles prennent la forme de baisses d’impôt plutôt que d’investissements en infrastructures.
La Chine a annoncé, pour 2019, un déficit budgétaire cible de 2,8 % de son PIB, ce qui représente une légère hausse par rapport à 2,6 % en 2018. D’après Eric Lascelles, l’atteinte de cette cible supposera des mesures de relance budgétaires de l’ordre de 0,2 point de pourcentage. L’exactitude de ce calcul est toutefois mise en doute, certains analystes estimant que des mesures de stimulation budgétaire de 2 points de pourcentage pourraient être requises, en sus des mesures de relance monétaire. Eric Lascelles souligne que si ces prévisions s’avèrent exactes, il est beaucoup plus probable que le ralentissement de la croissance de la Chine cessera au deuxième semestre de 2019.
Après six mois de données économiques majoritairement négatives, deux indicateurs ont récemment affiché un virage positif.
Eric Lascelles craint toutefois que ces chiffres ne soient faussés par l’effet du Nouvel An chinois; il n’est donc pas encore convaincu que l’économie chinoise est réellement sur le point d’amorcer un virage.
Les autorités chinoises ont revu à la baisse la cible de croissance du pays pour cette année. La Chine aspire désormais à une croissance de 6 à 6,5 % pour la prochaine année, un objectif moins ambitieux que celui de 6,5 % en 2018 et ceux, encore plus élevés, des années précédentes. La prévision d’Eric Lascelles s’établit à la limite inférieure de cette fourchette, soit à 6 %.
Cette prévision tient compte « du ralentissement de l’économie mondiale, de la perte de compétitivité de la Chine, de la situation démographique défavorable du pays, du ralentissement de la mondialisation, de l’effet retardé des droits de douane et des mesures de désendettement en Chine », explique-t-il.
Il est possible que les récentes mesures de relance produisent l’effet escompté, mais, comme le souligne Eric Lascelles, de nombreux défis devront être surmontés. L’évolution de la situation devra être surveillée de près.
Pour en savoir plus sur les tensions commerciales États-Unis–Chine, consultez Pourquoi la Chine compte : tension dans les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine.
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