Déjeuner sur les perspectives économiques : L’incertitude va durer, que nous réserve l’avenir?
Rédigé par L'équipe Investisseur Inspiré
Publié le 14 janvier 2026
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S’il y avait un mot à retenir pour résumer les perspectives économiques de l’an dernier, il s’agirait de
« incertitude ». Droits de douane, tensions commerciales, inflation persistante et risques géopolitiques ont dominé les manchettes. Heureusement, le Canada a surpassé les attentes et a évité une récession que plusieurs croyaient inévitable, mais une chose est claire : l’incertitude ne disparaîtra pas.
Par conséquent, l’incertitude ne peut plus servir d’excuse pour retarder des mesures audacieuses visant à bâtir une économie canadienne plus forte. C’est l’un des principaux messages que des économistes de premier plan du pays – dont Frances Donald, économiste en chef de RBC – ont livrés lors du 24e déjeuner annuel sur les perspectives économiques de l’Economic Club of Canada en janvier.
Selon Mme Donald, il y a lieu d’être optimiste quant à la direction que prendra le pays en 2026. Elle parlait notamment des efforts renouvelés d’Ottawa pour attirer les investissements et stimuler la croissance à long terme. Les plus récentes prévisions pour 2026 de RBC Économique1 font mention de certaines stratégies budgétaires qui pourraient aider, notamment des dépenses et des incitatifs gouvernementaux ciblés pour stimuler la croissance et la confiance, ce qui contribuerait à accélérer les investissements des entreprises.
« Nous observons actuellement une transition vers des politiques plus ciblées qui peuvent être appliquées directement aux régions et aux secteurs qui en ont le plus besoin, ce que la Banque du Canada ne peut pas faire, a déclaré Mme Donald lors de la discussion. Ce sera très positif. »
Différences régionales
Bien que l’économie canadienne ait paru résiliente en 2025, cette vigueur a masqué des différences importantes entre les économies provinciales et régionales. « Nous devons faire preuve de prudence lorsque nous affirmons que l’économie est résiliente, a déclaré Mme Donald. À certains endroits, l’économie croît deux fois plus rapidement que la moyenne nationale, comme en Alberta, alors qu’ailleurs, beaucoup de difficultés persistent qui prendront beaucoup de temps à redresser. »
Le passage à une approche plus ciblée de la politique économique est en partie le reflet de ces différences. Bien que l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) ait largement protégé le Canada de l’incidence complète des droits de douane américains en conservant 90 % des biens en franchise de droits, il a contribué à d’importantes disparités régionales. L’Ontario et le Québec, en particulier, ont été les plus touchés par les changements apportés à la politique commerciale des États-Unis.
« Nous ne parlons pas suffisamment de nos économies régionales et de la grande différence entre l’Ontario et l’Alberta, la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique, a-t-elle déclaré. Nous devons redoubler d’efforts à cet égard, sinon nous entendrons plus de gens se plaindre de ne pas être représentés dans la conversation nationale. »
La Banque du Canada passe au second plan
Contrairement aux dernières années, la Banque du Canada devrait rester sur la touche en 2026, même si l’inflation demeure légèrement élevée. Il y a deux raisons à cela.
Premièrement, selon Mme Donald, l’inflation au Canada n’est pas actuellement alimentée par des dépenses de consommation excessives attribuables à une augmentation du revenu disponible. Les coûts élevés découlent plutôt de facteurs liés à l’offre, comme des perturbations dans le secteur agricole et les droits de douane. « Nous pouvons réduire et relever les taux d’intérêt autant que nous le souhaitons. Cela n’aura aucune incidence sur l’inflation », a-t-elle déclaré.
Deuxièmement, les disparités régionales limitent les options de la banque centrale. Même si certaines régions du pays pourraient profiter d’une baisse de taux, Mme Donald indique qu’il ne s’agit pas du bon outil en ce moment pour l’ensemble du pays. C’est pourquoi RBC ne s’attend pas à d’autres réductions de taux de la Banque du Canada cette année2.
Stagnation de la croissance de la population
Le ralentissement de la croissance de la population, en partie attribuable au resserrement des politiques d’immigration, pourrait avoir une incidence sur le marché locatif, le bassin de main-d’œuvre disponible, la croissance des salaires et le financement des études postsecondaires3. Ce changement pourrait déformer certains des signaux économiques concernant la santé de l’économie, a déclaré Mme Donald.
Elle a souligné, par exemple, qu’en 2023 et 2024, la population avait tellement augmenté que le Canada avait besoin d’une forte croissance de l’emploi pour contenir le taux de chômage, mais ce n’est plus le cas. Compte tenu du ralentissement – voire de la décroissance – de la croissance de la population, il est possible d’avoir des taux d’embauche très bas sans qu’il n’y ait d’incidence importante sur les niveaux d’emploi. Cette situation pourrait envoyer des signaux contradictoires quant à savoir si le pays se dirige vers une récession, a expliqué Mme Donald.
« Le Canada pourra en fait ne connaître aucune croissance de l’emploi cette année sans voir d’augmentation du taux de chômage, a-t-elle déclaré. La croissance de l’emploi pourrait être très faible et les gens pourraient être vraiment préoccupés par le fait qu’il s’agit d’une récession, alors qu’il s’agit plutôt d’un rajustement4. »
L’avenir du commerce
L’ACEUM a peut-être protégé le Canada des droits de douane américains, mais l’avenir de cet accord aura une incidence sur toutes les prévisions économiques. Les négociations visant à déterminer s’il y a lieu de prolonger cet accord commercial clé au-delà de son échéance prévue en 2036 commenceront l’été prochain. Si aucune prolongation n’est conclue cette année, l’ACEUM demeurera en vigueur et des réunions annuelles auront lieu jusqu’en 2036 pour envisager de futures prolongations.
Le gros des négociations portera toutefois sur la clause de l’accord actuel qui permet à tout pays de se retirer avec un préavis de six mois. Pendant que les décideurs politiques se rencontrent au sujet de l’accord commercial, le Canada en est encore aux premières phases de la transition de son économie vers de nouveaux produits et de nouveaux clients.
Déjà, certains signes indiquent que le secteur privé s’adapte aux droits de douane américains et chinois en diversifiant ses exportations vers d’autres pays. Le panorama de RBC pour 2026 note que les exportations canadiennes vers les économies autres que les États-Unis ont augmenté sur 12 mois depuis mars 2025, même si les exportations totales et les exportations aux États-Unis ont diminué.
Peu importe ce qui ressortira des négociations sur l’ACEUM, le travail pour diversifier l’économie canadienne et nous mettre sur une voie positive pour l’avenir se poursuivra.
- RBC Économique, « Six thèmes clés pour l’économie canadienne en 2026 », janvier 2026
- RBC Économique, « La BdC reste sur la touche et la Fed maintient le statu quo », décembre 2025
- RBC Économique, « La politique d’immigration du Canada reste restrictive malgré des dispenses de résidence permanente », novembre 2025
- RBC Économique, “Canada’s shifting labour market: Recalibrating ‘breakeven employment’” (en anglais seulement), « L’évolution du marché du travail au Canada : recalibrage du seuil de rentabilité en effectifs » (traduction libre), janvier 2026
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