Sauter la barre de navigation du haut Passer au contenu principal

Dans quelle mesure vos placements sont-ils à l’abri de l’inflation?

Rédigé par Rita Silvan

Publié le 2 janvier 2026

Lecture de minutes

Partager :

L’inflation n’est pas seulement une notion enseignée dans les cours d’économie. Elle peut avoir des effets sur vos dépenses courantes et sur la croissance à long terme de votre portefeuille. Lorsque les prix augmentent, on veut vraisemblablement que nos placements fassent de même. Sinon, notre pouvoir de dépenser pourrait diminuer dans le futur, même si le solde de notre compte semble augmenter.

Dans quelle mesure devrait-on alors se préoccuper de l’inflation? Tout dépend de son style de placement. L’inflation et les taux d’intérêt s’inscrivent dans le contexte macroéconomique général, soit les grandes forces qui façonnent les marchés, mais sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle.

Certains investisseurs adoptent une approche descendante, en portant une attention particulière aux données mensuelles sur l’inflation et aux décisions des banques centrales en matière de taux directeur. D’autres préfèrent un style ascendant et privilégient davantage les sociétés individuelles et les paramètres fondamentaux à long terme. Les deux approches peuvent fonctionner, mais ignorer complètement la situation macroéconomique, c’est un peu comme partir en mer sans tenir compte des prévisions météorologiques : vous pourriez vous rendre à destination, mais une tempête pourrait se lever en cours de route.

Même si elle a ralenti par rapport au sommet de 8,1 % atteint en 2022, une inflation qui se situe dans la fourchette typique de 2 % à 3 % peut tout de même gruger tranquillement les rendements à long terme. C’est pourquoi il est utile de comprendre la différence entre le rendement nominal et le rendement réel. Le rendement nominal représente vos gains avant inflation. L’inflation est le taux d’augmentation des prix d’un panier de biens et services sur une période donnée, généralement une année. Le rendement réel représente le pouvoir d’achat que ces gains confèrent, ce qui détermine ultimement la véritable valeur de son argent au fil du temps. L’inflation réduit le pouvoir d’achat, qui est défini comme la quantité de biens et de services pouvant être achetés avec une somme d’argent donnée. Par exemple, en 2000, cent dollars permettaient d’acheter plus (produits alimentaires, essence, immobilier) qu’en 2025.

Supposons que vous ayez placé 100 000 $ pendant 20 ans à un taux composé de 2,8 % et que l’inflation soit restée à 2,0 % pendant cette période. Selon la feuille de calcul de placements de la Banque du Canada1, en 20 ans, la valeur de votre dépôt initial aurait diminué d’un tiers, soit environ 67 000 $. On vous verserait des intérêts sur votre placement, mais ces sommes seraient elles aussi grugées par l’inflation. Avec un taux d’intérêt de 2,8 %, la valeur nominale des versements que vous recevriez sur 20 ans serait inférieure de près de 25 000 $. Autrement dit, l’écart entre le rendement nominal et le rendement réel du placement serait très important une fois l’inflation prise en compte.

 

Montant nominal, avant les effets de l’inflation

Montant réel, après les effets de l’inflation

Placement initial

100 000 $

67 297,13 $

Intérêts reçus

73 724,99 $

49 614,80 $

Valeur finale totale du placement

173 724,99 $

116 911,93 $

« L’investisseur moyen ne comprend probablement pas la différence entre le rendement nominal et le rendement réel. D’un point de vue comportemental, c’est vraiment une question de simplicité », affirme Michael Williams, directeur principal, Conseils de gestion de portefeuille, RBC Investi-Clic. « Tout ce qu’un client voit sur son relevé ou son tableau de bord est présenté en chiffres nominaux. »

Les investisseurs sont également enclins à privilégier une vision à court terme, alors qu’on ne ressent le coût réel de l’inflation qu’à plus long terme. « De nombreux investisseurs ont tendance à évaluer le rendement sur une base hebdomadaire. Prendre des décisions en mettant l’accent sur le très court terme ne sera pas avantageux à long terme. On ne qualifie pas l’inflation d’ennemi invisible du rendement pour rien, elle mérite amplement cette réputation », ajoute-t-il.

Une inflation plus élevée peut entraîner une hausse des coûts d’un large éventail de biens et de services. On a tous ressenti les effets de la hausse des prix à l’épicerie; cela provoque des changements de comportements. Lorsque l’inflation est élevée, on se serre souvent la ceinture : on mange peut-être moins souvent au restaurant ou on reporte ses projets de voyage, par exemple.

En revanche, l’investisseur moyen agit souvent de façon inattendue en pareilles circonstances. Selon une étude récente de l’Université de Miami2, les investisseurs tentent de compenser la perte de leur pouvoir d’achat en devenant moins réfractaires au risque. Ils ont tendance à rechercher des paris hautement spéculatifs s’apparentant aux jeux de hasard pour compenser les effets de l’inflation sur leur épargne. Les chercheurs ont suivi les recherches en ligne sur les paris sportifs risqués, la loterie Powerball, d’autres loteries et les cryptomonnaies. Ils ont constaté qu’en période d’inflation élevée, les activités de recherche d’actions-mèmes et de monnaies-mèmes (comme Dogecoin et Eggdog) ont fortement augmenté. Ce sont des options de placement spéculatives qui peuvent générer un volume élevé de transactions de détail influençant les prix à court terme, mais qui comportent un risque de correction si l’engouement s’estompe.

 Il existe d’autres moyens moins risqués de se protéger contre l’inflation. « Tout commence par vos objectifs », dit M. Williams. Il ajoute que quelqu’un qui prévoit d’acheter une maison dans un an ou deux, en supposant que les rendements prévus suivent ou dépassent l’inflation, pourrait vouloir investir dans des actifs à faible risque, comme des CPG ou des fonds du marché monétaire.

Pour bâtir un portefeuille de retraite, il faut toutefois se demander notamment comment protéger son épargne contre la perte future de son pouvoir d’achat. « Les actions sont depuis longtemps considérées comme une protection contre l’inflation. C’est parce que les sociétés ouvertes vendent des produits et des services et qu’elles répercutent habituellement les coûts plus élevés sur leurs clients lorsque l’inflation augmente, ce qui se traduit par une hausse des revenus. Dans le passé, l’indice S&P 500 s’est retrouvé à moins de 5 % de son sommet historique dans environ 44 % de tous les jours de bourse3. Cela montre que le marché boursier a une tendance haussière qui reflète à la fois la croissance économique et l’inflation », mentionne-t-il, même s’il peut y avoir des périodes où les marchés génèrent de mauvais résultats et perdent de la valeur lorsque l’inflation est prise en compte.

Les actions ont tendance à dicter la majeure partie de la croissance du capital d’un portefeuille à long terme, mais leurs prix peuvent devenir volatils en raison de facteurs comme la confiance des marchés, les taux d’intérêt et les tarifs douaniers. Pour pallier cette volatilité, il peut être utile d’inclure dans un portefeuille certains titres à revenu fixe, comme des obligations d’État ou de sociétés. Comme leur nom l’indique, les titres à revenu fixe procurent un revenu régulier et prédéterminé (fixe) sous forme de versements d’intérêts. Comme les obligations ont tendance à réagir différemment des actions à la volatilité des marchés boursiers et à divers facteurs économiques, elles permettent également de diversifier le portefeuille. « Les investisseurs préoccupés par les effets de l’inflation sur le rendement des titres à revenu fixe dans leur portefeuille peuvent également acheter des obligations liées à l’inflation. Les versements de capital et d’intérêts de certaines obligations sont même rajustés en fonction des variations de l’indice des prix à la consommation (IPC), une mesure qui suit l’évolution de l’inflation », dit M. Williams. Des actifs comme l’immobilier et des produits de base comme l’or peuvent également servir de couverture contre l’inflation.

Pour déterminer le montant qu’il faut épargner afin de protéger son pouvoir de dépenser, M. Williams recommande de faire le suivi de ses dépenses actuelles. Cela donnera un budget de dépenses annuel approximatif pour la retraite. Il faut ensuite calculer le montant en dollars futurs, ce qui permettra d’exprimer les objectifs d’épargne et de placement en chiffres réels plutôt que nominaux. Pour terminer, il ajoute qu’il est important de se rappeler que les taux d’inflation sont publiés sur une base mensuelle, mais que l’horizon de placement d’un investisseur est beaucoup plus long. « Ralentissez et prenez du recul. Si vous songez à vendre, il pourrait être sage de parler à un conseiller ou de faire quelques recherches avant de passer à l’action. Le temps passé sur le marché est très important. Il l’emporte souvent sur l’anticipation du marché. »

  1. Banque du Canada, « Feuille de calcul de placements », consultation en novembre 2025
  2. Université de Miami, “The inflation gamble” (en anglais seulement), « Le pari sur l’inflation » (traduction libre), janvier 2025
  3. Bespoke, “S&P 500 Percent of Time at New Highs” (en anglais seulement), « Pourcentage du temps où le S&P 500 atteint de nouveaux sommets » (traduction libre), janvier 2024

RBC Placements en Direct Inc. et Banque Royale du Canada sont des entités juridiques distinctes et affiliées. RBC Placements en Direct Inc. est une filiale en propriété exclusive de Banque Royale du Canada et elle est membre de l’Organisme canadien de réglementation des investissements et du Fonds canadien de protection des investisseurs. Banque Royale du Canada et certains de ses émetteurs sont reliés à RBC Placements en Direct Inc. RBC Placements en Direct Inc. ne fournit pas de conseils en placement et ne fait pas de recommandations concernant l’achat ou la vente de titres. Les investisseurs sont responsables de leurs décisions de placement. RBC Placements en Direct est un nom commercial utilisé par RBC Placements en Direct Inc. ®/MC Marque(s) de commerce de Banque Royale du Canada. RBC et Banque Royale sont des marques déposées de Banque Royale du Canada. Utilisation sous licence.

© Banque Royale du Canada, 2025.

Les renseignements, opinions ou points de vue présentés dans le présent document, y compris les hyperliens vers le site Web de RBC Placements en Direct Inc. ou les sites Web de ses sociétés affiliées ou de tiers, sont fournies à titre d’information générale seulement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques, fiscaux, comptables ou autres. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. RBC Placements en Direct Inc. et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers. Vous devriez consulter votre conseiller avant de prendre quelque décision que ce soit sur la base des renseignements contenus dans ce document.

Par ailleurs, les produits, services et titres mentionnés dans cette publication sont offerts uniquement au Canada et dans les autres territoires où la loi autorise leur mise en vente. L’information accessible sur le site Web de RBC Placements en Direct est réservée uniquement aux résidents du Canada et ne doit pas être consultée à partir d’un territoire situé à l’extérieur du Canada.

L’Investisseur inspiré propose des témoignages, des renseignements opportuns et des points de vue d’experts qui faciliteront vos décisions de placement. Visitez À propos de nous pour en savoir plus.